Samedi 1 septembre 2007
Nous venons de perdre une nouvelle fois l’élection présidentielle avec bien sûr un sursaut pour les législatives mais c’est
toujours la droite qui domine dans le pays et qui mène sa politique en continuité du gouvernement Villepin.
Le 21 avril 2002 Lionel Jospin n’est pas au deuxième tour de l’élection présidentielle, le parti socialiste tétanisé ne
réagit pas, ne fait pas l’analyse de l’échec qui s’impose, c’est la première étape !
La deuxième étape et le référendum interne au Ps sur le traité
constitutionnel européen en faveur du « oui » et le résultat du vote des Français en faveur du « non » dont la majorité des électeurs du PS. Le résultat est que le parti
socialiste est coupé en deux groupes qui s’opposent « les accompagnateurs du libéralisme » et « les opposants à ce modèle ». Les uns pour masquer leur dérive vers un
social libéralisme qualifient leur démarche de réformiste, les autres divisés n’arrivent pas à fédérer sa gauche sur une ligne commune.
La troisième étape fut le congrès du Mans ou les deux blocs du PS
devaient s’affronter en toute logique pour faire émerger un candidat, mais le congrès de la clarification a tourné au vinaigre avec une synthèse qui brouillait les choses au lieu de les
clarifier. La clarification n’a pas eu lieu : encore une fois c’est la préparation de l’échec de 2007.
La quatrième étape conséquence de la troisième fut le vote interne
sur le candidat avec l’apport de nouveaux militants qui sont venus pour une seule chose « voter pour Ségolène » avec le résultat que l’on connaît : le plus mauvais
score au deuxième tour depuis 1965 si l’on excepte 2002.
Nous voilà aujourd’hui dans cette situation de faillite du Parti avec toujours en toile de fond la division sur la ligne
politique d’accompagnement ou non du libéralisme. Conséquence de cette division d’autres sujets divisent le PS l’institution par exemple ou Jack Lang membre de la commission Balladur est en train
de préparer une constitution qui va vers une hyper présidentialisation. Que fait le PS sur le sujet ? rien . Les sections préparent les municipales qui
pourtant sont impactées par le sujet avec le cumul des mandats. Combien de députés socialistes sont candidats « potentiels » à une mairie de plus de 20 000 habitants, alors
que les projets socialistes, qu’ils ont presque tous cautionnés, stipule clairement le « non-cumul ». Rien que ce point précis montre bien l’attitude et l’exemple que montrent certains
élus et il ne faut pas aller loin pour le voir, le cas se présente à Niort où la députée se présente contre le maire socialiste sortant, sans vergogne !
Le débat tourne aussi autour du mini traité, là encore que propose le PS? un référendum
pour le valider, une discussion sur le sujet dans les sections, le refus ou l’acceptation de ce texte en débat interne? non rien ! Dans l’esprit de la République pourtant, on ne revient pas
sur le vote du peuple souverain sans repasser devant lui !
Au-delà des attitudes, le parti ne peut échapper à une remise à plat de son fonctionnement et à une réflexion idéologique,
mais je ne pense pas que l’on soit encore dans cette démarche, alors qu'on est à deux jours de La Rochelle. pour employer un terme médical le parti est dans le coma. Va-t-il se
réveiller ?
Dans cette situation le parti n’est plus capable de porter une ligne politique claire et en harmonie avec son électorat. Les
législatives sont une sorte de miracle, comme l'a montré la grande satisfaction des dirigeants du PS. Ils sont eux même surpris du résultat. Ils peuvent dire merci à celui qui a
eu le réflexe de stigmatiser la TVA sociale, Laurent Fabius. Il montre ainsi ce qui a manqué durant toute la campagne : attaquer la droite sur ses mensonges, sur ses
manipulations. Répondre sur « travailler plus, pour gagner plus » par une attaque sur les 35 h n’était pas se démarquer de la pensée de Sarkozy.
On le voit dans les dernières semaines, dans les prises de positions, la tentation est grande pour certains de
« sauter le pas ». chaque jour la liste des « socialistes » qui partent dans le camp adverse s’allonge, le dernier est Rocard après Attali, que faire ? Que répondre
à la déception des militants et du peuple de gauche qui souffre du démantèlement du droit du travail, de la régression du pouvoir d’achat? Lui proposer le modèle Blairiste dont rêvent
ouvertement les «réformateurs » qui ne sont pas à un paradoxe près, parlent de Jaurès et d’écologie alors qu’ils cautionnent ou du moins accompagnent le marché qui est générateur
de précarité et de gaspillage. Ou proposer une nouvelle façon de vivre en société à la fois sociale et écologique? si cette démarche doit couper le parti en deux thèse opposées, pourquoi
pas ? L’Allemagne est en train de le vivre et la partie la plus dynamique n’est pas celle que l’on croit, n’en déplaise aux tenants de la social-démocratie…
Quant à la gauche anti-libérale, toujours marquée par un passé de combats fratricides entre Staliniens et Trotzkistes ,
entre Communistes et Socialistes , elle n'est pas arrivée à se rassembler pour la Présidentielle, malgré une conviction commune ( il faut attaquer de front le libéralisme,
bâtir des Institutions démocratiques, réduire le chômage et le temps de travail, défendre les Services Publics), malgré une forte poussée populaire . Les composantes de cette gauche
radicale, mouvements et Partis, n'ont pas accepté le jeu de l'union . Mais des frémissements : le discours de Besancenot, le mouvement PRS, le mouvement Maintenant à Gauche, tentent des
rapprochements .
En résumé : le PS glisse vers un centre droit et la Gauche n'est pas encore réunie . Si l'on croit au
Socialisme , il y a encore beaucoup à faire .Mais les maladresses parfois effrayantes de Sarkozy (positions : "Assez pensé, il faut travailler" , intervention par rapport à la justice
pour juger les malades mentaux, rapprochement avec Bush au moment où il va partir de la scène politique, politique fiscale qui soutient les riches, appauvrit les pauvres et creuse le
déficit de l'Etat) peuvent créer une réaction favorable à une réunion de la Gauche .